CST du 30 septembre 2025 – Déclaration préalable de l’UNSA CNFPT

Monsieur Le Président, Mesdames et Messieurs les représentants de l’administration, Mesdames et Messieurs les représentants du personnel,

L’UNSA CNFPT souhaite en cette rentrée revenir sur un important épisode estival, à savoir le piratage de la plateforme intervenants du CNFPT. Pour mémoire, cette plateforme a été piratée début juillet. Des données sensibles des intervenants, comme des pièces d’identité ou des RIB, ont été dérobées.

Les désastreuses conséquences de ce piratage sont multiples. Pour la clarté des propos, nous allons les classer à 3 échelles :

  • Les impacts sur l’image du CNFPT;
  • Les impacts sur les intervenants et les recrutements ;
  • Les impacts sur les agents et les activités du CNFPT.

Les impacts sur l’image du CNFPT.

Il suffit de parcourir les réseaux sociaux (et notamment LinkedIn) pour constater les nuisances de ce piratage pour l’image du CNFPT. Le nombre de décideurs territoriaux constatant les carences du CNFPT sur ce dossier est significatif.

Les contenus de leurs posts ou commentaires font état à la fois, d’une cruelle déception de leur part, de questionnements sur les compétences du CNFPT et même de railleries sur la communication globale du CNFPT sur ce dossier.

5 commentaires représentatifs sur les réseaux sociaux :

  • « C’est quand même affligeant de la part d’un organisme qui dispense des formations sur la cybersécurité et la protection des données » ;
  • « Ça renforce mon opinion selon laquelle énormément des informations demandées ne devraient pas être collectées et simplement faire l’objet d’une vérification » ;
  • « Ça fait 2 ans que je ne suis pas intervenue au CNFPT et d’après le mail, toutes mes données sont concernées. Je suis consternée » ;
  • « Le RGPD n’a pas l’air très en place au CNFPT » ;
  • « J’ai contacté depuis plusieurs jours l’équipe du CNFPT dédiée à ce problème, mais aucune réponse de leur part. Ce n’est vraiment pas sérieux auprès de nos employeurs. »

L’UNSA CNFPT s’interroge sur le temps et les efforts qu’il sera nécessaire à tous les agents du CNPT pour que les décideurs territoriaux, les stagiaires qu’ils nous confient et leurs élus réaccordent leur confiance à notre établissement.

Les impacts sur les intervenants et les recrutements.

Depuis le début de l’été, les intervenants n’hésitent pas à mettre en perspective ce désastreux dysfonctionnement informatique avec les récentes mesures qui ont été prises à leur intention, à savoir :

  • la réduction de leurs frais de déplacement ;
  • les restrictions géographiques ;
  • la multiplication des formations obligatoires.

Pour reprendre à nouveau un commentaire d’un formateur lu sur LinkedIn : « C’est décidément une grande année pour nous ! Allez ! Sursum Corda »

Lors du dernier CST, Monsieur le Président, vous relayiez le chiffre de 1,2% de démissions d’intervenants suite à la baisse des frais de déplacements.

Sans remettre en question cette donnée, l’UNSA CNFPT souhaite évoquer une réalité sur le terrain bien moins idyllique. Le chiffre de 1,2% omet, d’une part, les intervenants qui n’ont pas jugé nécessaire d’alerter de leur démission et, d’autre part, les formateurs qui, depuis, conditionnent drastiquement leurs interventions en nombre de jours et/ou sur le secteur géographique d’intervention.

Alors comment faire pour recruter de nouveaux formateurs quand d’un côté le bouche à oreille est conjoncturellement si négatif et que par ailleurs, le seul outil autorisé d’inscription des nouveaux formateurs est fermé depuis plusieurs mois ?

Les impacts sur les agents du CNFPT et leurs activités.

Le piratage et la fermeture de la plateforme des intervenants peuvent-ils être considérés comme anecdotiques et très passagers ? Ça serait oublier les injonctions au silence imposées aux équipes pédagogiques pendant toute cette période. Ce silence a créé un important fossé entre les services de formation et les intervenants d’autant plus conséquent en cette période de construction et de finalisation des programmations.

Les relations entre les conseiller-ères, assistant-es et secrétaires de formation et les intervenants s’appuient sur l’expertise, l’accompagnement et surtout la confiance. Les équipes pédagogiques ont été mises en profonde difficulté lorsque la seule communication autorisée vers les formateurs était de transférer un mail institutionnel sibyllin proposant d’attendre la réouverture sine die de la plateforme intervenants.

Par suite, depuis plusieurs semaines, les agents interpellent de manière de plus en plus fréquente, les organisations syndicales individuellement ou dans le cadre de RIS :

  • pour alerter sur une perte importante du sens de leur activité ;
  • pour alerter sur les procédures totalement disparates voire incohérentes entre les différentes structures ;
  • pour alerter sur le poids toujours plus écrasant des outils informatiques nationaux et locaux.

Pour illustrer ces situations ubuesques de surinterprétation des règles nationales au niveau régional, nous souhaitons partager une illustration rapportée par un agent à l’UNSA CNFPT. Il lui a été refuser de produire une lettre d’intervention à un formateur expert car il résidait au-delà de 150 km du site d’intervention. Dans le même temps et pour la même demande, une coanimation a été autorisée car le binôme résidait à proximité du lieu de formation. Alors, les frais de déplacements ont été légèrement amoindris, mais la coanimation a été bien plus coûteuse pour l’établissement. Si l’objectif légitime du CNFPT est bien d’optimiser les coûts des formations, les mises en application aveugles et localement surinterprétées peuvent produire des résultats opposés aux attentes.

Au regard de ces constats, l’UNSA CNFPT demande :

  • un état des lieux complet des impacts de la réduction des frais de déplacement aussi bien sur le budget du CNFPT que sur l’augmentation de l’activité des agents du CNFPT et sur l’évolution de la qualité des stages ;
  • un état des lieux des procédures internes du CNFPT (nationales et spécifiques aux différentes structures régionales), notamment concernant les dossiers des intervenants en régie ;
  • et surtout un calendrier resserré et transparent de l’avènement de l’outil des activités de formation. Le SDIN prévoyait que le cahier des charges et benchmarking devaient être achevés depuis bien longtemps. Il semble vital que les équipes pédagogiques n’attendent pas 2028 pour enfin pouvoir mobiliser toute leur énergie sur les fondamentaux de leurs activités, à savoir la formation.

Merci pour votre attention.

unsa-cnfpt@unsa-territoriaux.org

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